Jean-Claude Allard

Né en 1946 dans le Dauphiné

Je vis près d’Annecy depuis 1974 où j’ enseigne les mathématiques. Mais je suis né en 1946, dans le Dauphiné où j’ai encore quelques racines, malgré les pérégrinations de mes parents. C’est peut-être ces parents nomades et très ouverts qui m’ont donné ce goût prononcé pour les voyages.

Après des études techniques puis mathématiques je suis allé enseigner trois ans en Algérie. C’est l’origine de mon attachement aux déserts. Depuis j’y suis retourné régulièrement, et, sans le savoir, à force d’observer de près les pages géologiques ou archéologiques de la terre, mon appareil photo s’est orienté vers les détails. Mes premières expositions photographiques furent donc naturellement des traces de ces phénomènes géologiques imprimées dans le sable ou la pierre. Cette façon de regarder s’est petit à petit étendue à tout ce qui s’offre à mes yeux, et pas seulement au ras du sol, même si le sol me préoccupe toujours beaucoup : j’aime bien savoir où je mets les pieds.

C’est vers l’âge de 17 ans que j’ai pris mes premiers clichés, très vite encouragé par un photographe, ami de mes parents. Bien sûr j’ai changé quelques fois de boîtier avant d’en arriver au numérique en 2002, mais la chose technique ne m’a jamais préoccupé. Bref ! Il y a donc bien longtemps que je voyage avec des objectifs.

Depuis 1990 j’ai d’autres compagnons de voyage : carnets de dessin, feutres et autres godets d’aquarelle sont toujours dans ma poche. C’est pour moi une autre façon de regarder le monde et de saisir mes impressions.

Expositions :

1989 Traces, Annecy
2000 Grains de sable, Annecy
2003 Entre les mailles, Annecy
2003 Carnets de voyages, Annecy
2004 Regards d'Ailleurs, Meythet
2005 L'Ephémère, La Balme de Sillingy
2006 Exposition permanente, Galerie Original & Co, Paris
2007 Peau, Pinacothèque des Eaux-Vives, Genève
2008 Festival de Mougins, Musée de la Photographie, Mougins
2008 Abstract 1, MJC Novel, Annecy
2008 Carrément, Mairie et CCSTI La Turbine, Cran-Gevrier
2008 Carnet de route, Bibliothèque municipale, Grésy sur Aix
2009 Carrément, Résidence Castalies, Annecy
2009 Abstract 2, Bibliothèque de Bonlieu, Annecy
2009 Abstract 3, La Pinacothèque, Genève


En marge de ces exposition j'ai réalisé en 2002 mon propre site www.allard-net.com
Depuis 2003 je travaille pour les images du restaurant "Le Clos Des Sens" et en particulier pour son site : www.closdessens.com
En 2003 j'ai illustré un texte de Carol Ossipow dans un "carnet" exposé à la galerie Movid'Art à Genève


Quelques extraits de textes en liaison avec mes expositions.

 

Grains de Sable 2000

« Il nous faut aujourd’hui des images toujours plus grandioses, des panoramas à « couper le souffle », pour exciter un peu notre regard saturé et usé. Pourtant la poésie est souvent à nos pieds, sous nos pieds, dans la petitesse des éléments du monde minéral, grains de sable et cailloux. C’est dans cette matière brute que l’œil naïf et émerveillé de Jean-Claude Allard découvre une  beauté indéfiniment renouvelée et colorée.
Néanmoins il serait simpliste de croire qu’il suffit de braquer son objectif photographique sur le sol pour en révéler la beauté géologique. Les ressources de la technique moderne ne sont rien sans l’art de la composition : or toutes les photographies de Jean-Claude Allard offrent au regard du spectateur de véritables tableaux qui révèlent une remarquable aptitude à saisir l’essence géométrique des choses : « Il est écrit dans l’Evangile : au début était le verbe. Eh bien pour moi, dit Cartier-Bresson, au début était la géométrie… Et c’est cela que je retrouve dans la réalité : dans tout ce chaos, il y a l’ordre ». C’est cet ordre que nous dévoilent avec rigueur et poésie les photographies de Jean-Claude Allard. »
Alain Ollivier

Carnets de Voyages  2003

« Infatigable arpenteur, Jean-Claude Allard  ne consent à l’abandon momentané de son Nikon Coolpix uniquement  pour ouvrir son carnet. Depuis 1990, il a ainsi accumulé des trésors de croquis saisis au Yémen, Maroc, Sénégal, en Turquie,  Libye, Algérie, Espagne mais aussi dans le Luberon ou la Vanoise. La rigueur de la photographie cède alors  la place à la sensualité du papier Canson. La géométrie d’une composition à la perspective plus approximative d¹une ruelle aquarellée. Le feutre noir cerne les brindilles d¹une case africaine, souligne les pierres d’un clocher, esquisse une silhouette. Ces carnets dévoilent la face plus intimiste du voyageur. »
Andrée Montmasson

 

« Des déserts africains à la Californie en passant par le Queyras, il nous convie, loin des clichés, à une immersion dans chacune des terres visitées. Son œil s’attarde sur ce qu’on omet de regarder, sur ces indicibles détails qui transcrivent à eux seuls toute l’âme d’un pays et de ses habitants. De ces esquisses émanent des fragrances, des contrastes, des ambiances qui resteraient, sans l’acuité du regard, fondus dans le décor quotidien. Ses croquis incitent à la contemplation, à une évasion esthétique qui nous fait plus sûrement voyager et appréhender l’ailleurs que la simple réalité. Jean-Claude Allard ne se contente pas de saisir l’instant, il offre une approche différente, affective qui en appelle aux sens et initie à une autre façon de parcourir le monde. »
Christophe Martinetti

Entre Les Mailles 2003


« L’œil du visiteur savoyard sera, peut être, d’abord séduit par ces images venues d’ailleurs : mailles de filet, casiers, cordages, peintures écaillées. Mais Jean-Claude Allard ne cède pas à la tentation d’un « exotisme maritime ». Ses photos ne visent pas à nous dépayser - d’ailleurs est-ce encore possible ? - mais à nous faire sentir la beauté et la poésie qui émanent des objets les plus humbles, les plus utilitaires que manient chaque jour dans leur métier les hommes de la mer.
De ce désordre foisonnant Jean-Claude Allard extrait, dans des cadrages serrés, des images simples, d’une pureté géométrique qui dévoile avec force l’organisation structurelle des choses.
Mais ces photos révèlent aussi chez leur auteur l’acuité de l’œil du peintre, sensible bien sûr à la couleur, mais aussi et surtout à la matière des objets dont la réalité physique s’impose avec une telle évidence qu’on voudrait les toucher, éprouver sur la peau la rugosité des cordages l’humidité brillantes de poissons à l’œil vitreux, la callosité des vieilles peintures…
Finalement, le mérite principal de Jean-Claude Allard est d’avoir su poser un œil naïf et émerveillé sur des objets banals, que notre regard quotidien émoussé par l’habitude,  ne voit même plus.
Sans doute est-ce là l’essence même de la faculté poétique. »
Alain Ollivier

 

« Ainsi l’art photographique – du moins celui qui a pris en mains son destin – a désormais valeur d’exemplarité.
Jean-Claude Allard nous en apporte magnifiquement la preuve. En effet, Jean-Claude Allard est allé à la rencontre de ce que tout un chacun peut côtoyer aisément un jour ou l’autre : cordes, filets, flotteurs, galets, fragments de coques de navires, etc.…
Il n’a pas exploré ces objets systématiquement, il s’est attaché à en donner une version inédite et personnelle en creusant l’écart le plus hardi qui soit entre ce que les habitudes nous contraignent de voir et ce que le sens esthétique peut proposer à notre regard. C’est bien cet écart (cette dimension émotionnelle) qu’il convient d’évaluer justement : il opère la métamorphose de l’objet réputé le plus trivial en images mentales qui se déploient en œuvres d’art…
Ce titre donc, est révélateur. Ce qui a capté l’intérêt de Jean-Claude Allard c’est ce matériel ancestral de la pêche : cordages, filets, flotteurs…, objets communs, apparemment sans grande originalité. Et pourtant ! … Pourtant nous assistons à une véritable métamorphose : sans renier l’objet usuel l’artiste le transforme en une réalité autre, inattendue, quasi miraculeuse. Il lui confère un autre statut. D’une certaine façon il le sanctifie.
Il faut bien, à présent, mesurer les conséquences de cette mutation. Cette nouvelle manière de considérer un filet ou un cordage  n’est pas innocente. Elle postule entre l’artiste et l’objet un lien affectif profond : émotion, admiration , sans doute, pour des instruments millénaires dans lesquels s’accordent parfaitement usage et beauté. »
Yves Mairot

 

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